L’intime

Pour illustrer l’intimité, j’ai choisi de construire un moucharabieh au moyen de 4 panneaux d’isolants que j’ai coupés aux dimensions d’une embrasure de porte. Les panneaux ont été percés de trous à l’aide d’une scie en cloche universelle.  Celle-ci ne permet pas de faire des découpes nettes dans l’isolant. C’est ce qui explique cet aspect « arraché » des ouvertures dans les panneaux.

Les panneaux sont juste mis à serrage dans l’embrasure de porte, ce qui permet de les changer facilement.

L’intimité tant physique que psychique comporte des frontières qui varient d’un individu à l’autre. La mobilité des panneaux permet de moduler la part de soi-même que l’on veut protéger ou au contraire que l’on souhaite dévoiler.

Les trous aux diamètres variables en fonction du panneau sont réalisés à la même hauteur, ce qui permet de soit agrandir la vue, soit la diminuer.

Les panneaux ont été peints. Pour la teinte, deux choix me  semblait possible à savoir une couleur foncée qui renforçait le verrouillage de l’intimité en évoquant un côté coffre-fort, soit une couleur claire qui engage plus au dialogue.

J’ai choisi l’ouverture. En réalité cette couleur reflète mon extimité, c’est-à-dire cette part de moi-même que je suis prêt à révéler. J’insiste, ce n’est de l’exhibitionnisme. Étant très curieux par nature, je suis prêt à prendre des risques pour révéler une partie de mon intimité afin d’entrer dans l’intimité de l’autre si je vois que cela en vaut la peine, si je vois que nous partageons des valeurs communes. Entrer dans l’intimité de l’autre ne peut se faire qu’en partageant une partie de sa propre intimité.

On n’offre son intimité aux gens que lorsqu’on veut accepter la leur.
Citation de Anne Barratin ; Chemin faisant (1894)

L’intimité : on n’est intime qu’avec soi-même.
Citation de Anne Barratin ; Chemin faisant (1894)