
L’œuf, annonciateur du printemps, est posé, tel un oiseau, sur une branche de bouleau qui a subi la rudesse de l’hiver. Il nous rend de l’espoir, mais il nous interroge aussi.
L’œuf protecteur contient la vie, mais la vie à l’intérieur de celui-ci contient aussi l’œuf. L’interrogation reste entière !
Il s’agit d’un œuf d’hirondelle, agrandi quinze fois. Il est réalisé sur un treillis garni de « nids de chanvre » imbibés dans le plâtre. C’est le calcul, la découpe, le mesurage et l’assemblage des segments qui composent la forme finale du treillis de base qui a permis de respecter l’échelle de l’œuf. La surface a été renforcée par une couche de plâtre supplémentaire. Celui-ci a été traité ensuite comme un plafonnage : poncé, bouche-poré, enduit de primaire, peint avec une couleur acrylique de fond. Cette dernière accueille finalement les taches dont les couleurs, acryliques elles aussi, ont été tirées de la nature. L’hirondelle tente sans doute de nous camoufler sa famille pour la protéger.
La branche du bouleau est attachée au mur au moyen de deux tiges métalliques qui ont été cachées dans deux branches de sureaux dont la moelle a été enlevée.
Chaque année, cet oiseau migrateur quitte son nid du nord pour rejoindre le sud où il vit et se nourrit sans construire d’abri. Ces incessants aller-retour sont symbolisés par les fils accrochés aux branches. Chaque virage représente un voyage. L’hirondelle reste fidèle toute sa vie à son habitat et à son décès transmet celle-ci à un de ses enfants.
Pour les gens du nord, le retour de l‘hirondelle au printemps est une naissance et son départ à l’automne est une mort. Ces successions de naissances et de morts incarnent et réincarnent en quelque sorte le destin des hommes.
Le travail est agrémenté par un petit dispositif que l’on retrouve dans les cartes d’anniversaire sonorisées. L’enregistrement a été remplacé au moyen de l’ordinateur par un message que je vous invite à écouter. Vous pouvez le déclencher vous-même en cliquant ciaprès.
Il est probable que je me réincarnerai en hirondelle ! Alors, ne perdons jamais l’espoir.